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L’Exil

Je fis un rapide signe pour qu’on remplisse à nouveau mon verre. J’avalai une gorgée puis le fis claquer sur la table en verre. Je regardais, paraissant le remarquer pour la première fois, le décor high tech et pseudo branché de cette salle carrément underground. J’essayai d’entendre tinter les glaçons par dessus le vacarme des conversations insipides. Ma vue se brouillait lentement et j’avais l’impression qu’on me remplissait la tête avec de la ouate tout en retirant le cerveau petit à petit. Plissant les yeux pour essayer de voir, j’ai tenté en vain, d’esquisser un mouvement, émettre un bruit, mais ma main était lourde, trop lourde…
Ma vue se faisait nette par instant et je croyais voir du sang couler des faux tuyaux du vrai système de climatisation. Du sang, son sang, mon sang… J’ai eu un flash, un plage déserte sous le soleil implacable. La netteté de cette vision m’a fait frissonner de terreur. Puis plus rien… Je repris conscience pour comprendre que tout cela n’avait duré qu’un instant, comme une faille dans le temps, m’ayant permis de voir autre chose, ailleurs un autre temps. Et j’ai pleuré sans trop savoir pourquoi…

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